Le Prix littéraire de la Ville de Caen-Normandie récompense annuellement des ouvrages littéraires d’auteur·e·s originaires de l’ancienne Basse-Normandie (Calvados, Manche, Orne), y résidant ou l’ayant choisie pour cadre de leur œuvre, à l’exclusion expresse des ouvrages scientifiques et des textes relatifs à la connaissance ou au savoir proprement dits (histoire, droit, sciences humaines…).

Depuis 2012, les jurés ont modifié les statuts du Prix littéraire afin que ce dernier puisse être décerné à un·e auteur·e déjà prim·é·e, un délai de rigueur de sept ans devant être respecté, ce qui n’était plus possible depuis 1997.

Remise du Prix littéraire reportée

Le Prix littéraire 2020 de la Ville de Caen devait être remis vendredi 3 avril à L’Hôtel de Ville à Hubert Haddad pour son roman « Un monstre et un chaos » paru aux éditions Zulma. En raison des mesures de confinement imposées par la pandémie du Covid-19, cette manifestation est reportée à une date qui ne peut être encore fixée et qui sera communiquée dès que possible.

L’écrivain Jean-Luc Seigle est décédé

Il avait reçu en 2016, le Prix littéraire de la Ville de Caen pour « Je vous écris dans le noir » (Flammarion).

L’association du Prix littéraire de la Ville de Caen a appris avec émotion la disparition de l’écrivain, scénariste et dramaturge, Jean-Luc Seigle. Il est décédé jeudi 5 mars à l’âge de 64 ans des suites d’un arrêt cardiaque, a indiqué son éditeur Flammarion.

« Nous saluons la mémoire de Jean-Luc Seigle qui nous a quittés ce jeudi. Il laisse une œuvre forte qui a séduit de nombreux lecteurs en cherchant à s’approcher au plus près de la vérité et de la grandeur des marginaux, des laissés-pour-compte et des victimes de l’histoire », a communiqué Flammarion sur son compte twitter, dans un post publié vendredi 6 mars. 

Jean-Luc Seigle avait reçu conjointement le Prix littéraire de la Ville de Caen et le Prix lycéen 2016 pour son livre Je vous écris dans le noir.

Ce roman, également distingué par le Grand prix des lectrices de « Elle », était le cinquième livre de Jean-Luc Seigle. L’auteur y revenait sur un fait divers au début des années 1950, qui a inspiré  le film La Vérité (1961) de Georges Clouzot, avec Brigitte Bardot. L’actrice y incarnait Pauline Dubuisson, jeune meurtrière de son amant.

Ce film dans lequel elle ne se reconnaît pas, pousse la jeune femme, étudiante en médecine au moment du drame, à s’exiler au Maroc sous une fausse identité. Lorsque Jean la demande en mariage, il ne sait rien de son passé. Il ne sait pas non plus que le destin oblige Pauline à revivre la même situation qui, dix ans plus tôt, l’avait conduite au crime. Choisira-t-elle de se taire ou de dire la vérité ?

Jean-Luc Seigle avait signé là un roman à la première personne où résonnent les silences, les rêves et les souffrances d’une femme condamnée à mort à trois reprises par les hommes de son temps. Autant de qualités qui avaient conduit les jurés caennais à lui attribuer le Prix littéraire de la Ville de Caen.

À la fois auteur, dramaturge et scénariste, Jean-Luc Seigle entame sa carrière d’écrivain en 2001, lorsqu’il publie son premier roman, La Nuit dépeuplée. S’ensuivront cinq autres romans, tous chez Flammarion. Son dernier livre, Femme à la mobylette, est paru en 2017.

En 2012, Jean-Luc Seigle a reçu le grand prix RTL-Lire pour En vieillissant les hommes pleurent, son quatrième ouvrage, également récompensé l’année suivante par le prix Prix Octave-Mirbeau.

En tant que dramaturge, Jean-Luc Seigle a consacré sa dernière pièce, Excusez-moi pour la poussière, parue en 2016 chez Flammarion, à la femme de lettres et figure engagée des années 1950 aux États-Unis, Dorothy Parker (1893-1967), interprétée par la comédienne Natalia Dontcheva dans la mise en scène d’Arnaud Sélignac, au théâtre du Lucernaire, à Paris.

« La mort l’a surpris alors qu’il travaillait d’arrache-pied à un projet littéraire autobiographique ambitieux que nous attendions tous avec impatience », a également réagi Patrice Hoffmann, directeur éditorial de Flammarion, dans un communiqué rapporté par l’Agence France Presse. 

Prix 2017

Tropique de la violence est une plongée dans l’enfer d’une jeunesse livrée à elle-même sur l’île française de Mayotte, dans l’océan Indien. Dans ce pays magnifique, sauvage et au bord du chaos, cinq destins vont se croiser et nous révéler la violence de leur quotidien.

C’est le septième roman de Nathacha Appanah. Née en 1973 à Mahébourg, dans l’île Maurice, elle s’est orientée vers le journalisme et l’édition après des premiers essais littéraires dans son île natale. La romancière s’est installée en France en 1998, notamment à Caen lors de l’écriture du livre.

Tropique de la violence a également obtenu le Prix Fémina des lycéens 2016 et le Prix Patrimoines de la banque BPE/Banque Postale 2016.

Sélection 2017

  • Natacha Appanah, Tropique de la violence (Gallimard)
  • Christophe Bigot, Le bouffon de la montagne (La Martinière)
  • François Bott, Nos années éperdues (Le Cherche Midi)
  • Grégory Cingal, Ma nuit entre tes cils (Finitudes)
  • Caryl Ferey, Condor (Gallimard)
  • Hubert Haddad, Les coïncidences exagérées (Mercure de France)
  • Philippe Huet, Le feu aux poudres (Rivages)
  • Olivier Liron, Danse d’atomes d’or (Alma Editeur)
  • Scholastique Mukasonga, Cœur tambour (Gallimard)
  • Claude Quetel, Le chien des boches (Albin Michel)